Marseille, Cassis, La Ciotat, Trets… Cet été, j’ai beaucoup reçu. Des paysages, des rencontres, des éclats de rire. Et puis la vie m’a rappelé, brutalement, que nous ne savons jamais combien de temps il nous reste.

Cet été, j’avais besoin de respirer.

De changer d’air.

De prendre le temps.

Et je crois que je ne mesurais pas encore à quel point ces quelques jours allaient me faire du bien.

Il y a eu Marseille.

Sa lumière.

La mer.

Ces moments où l’on marche sans forcément avoir besoin d’aller quelque part, simplement parce que l’on a envie de regarder autour de soi.

Puis il y a eu Cassis.

Ses paysages, ses couleurs, cette impression que le temps ralentit dès que l’on se retrouve face à la Méditerranée.

Et puis La Ciotat.

Quelques heures seulement, mais suffisamment pour me rappeler que parfois, il ne faut pas grand-chose pour se sentir ailleurs.

Un train.

Une mer.

Un nouveau paysage.

Et cette sensation très simple :

« Je suis bien ici. »

Mais mon été ne s’est pas résumé aux voyages.

Il y a aussi eu Trets, où j’ai participé à un cours d’été et animé un forum de femmes.

Et là encore, j’ai reçu énormément.

J’ai rencontré des femmes venues des quatre coins de la France.

Des femmes différentes.

Des histoires différentes.

Des parcours différents.

Mais quelque chose nous réunissait : l’envie d’être là, d’échanger, de partager, de réfléchir ensemble et parfois simplement de rire.

Ces rencontres m’ont profondément nourrie.

Je suis ressortie de cette expérience heureuse.

Nourrie par les échanges.

Reconnaissante pour les rencontres.

Pleine de cette énergie particulière que l’on ressent lorsque l’on croise des personnes qui nous apportent quelque chose, parfois sans même le savoir.

Je suis rentrée avec cette sensation d’avoir beaucoup reçu.

Et puis…

la vie en a décidé autrement.

Ce que la vie a décidé autrement

J’ai récemment perdu un être cher.

Une disparition soudaine.

Et comme souvent lorsqu’une personne part sans que nous ayons eu le temps de nous y préparer, il y a d’abord le choc.

L’incompréhension.

Ce moment où l’on apprend la nouvelle et où quelque chose en nous refuse presque de l’intégrer.

Parce que la veille encore, cette personne était là.

Elle faisait partie de notre réalité.

De nos habitudes.

De nos souvenirs à venir.

Et soudain, il faut comprendre qu’il n’y aura plus de prochain appel.

Plus de prochaine conversation.

Plus de prochain éclat de rire.

Je crois que ce qui me bouleverse le plus, c’est cette brutalité avec laquelle la vie peut parfois nous rappeler que nous ne contrôlons pas le lendemain.

Nous faisons des projets.

Nous disons :

« Je l’appellerai demain. »

« On se verra bientôt. »

« Je lui raconterai la prochaine fois. »

Nous pensons avoir le temps.

Et bien souvent, nous avons raison.

Mais parfois…

nous ne l’avons pas.

Le coup de téléphone dont je suis reconnaissante pour toujours

Et pourtant, au milieu de cette tristesse, il y a une chose pour laquelle je ressens aujourd’hui une immense gratitude.

Mon dernier coup de téléphone.

Je ne savais absolument pas que ce serait le dernier.

Je n’ai pas appelé cette personne en me disant :

« Il faut que je profite de cet appel, parce que ce sera peut-être la dernière fois. »

Non.

J’ai simplement appelé.

Nous avons parlé.

Nous avons ri.

Nous avons eu nos éclats de rire.

Un moment finalement très ordinaire.

Et aujourd’hui, cet appel est devenu extraordinaire.

Parce qu’il était le dernier.

Et je peux vous le dire avec beaucoup de sincérité :

Je ne regrette pas ce coup de téléphone.

Au contraire.

Je suis reconnaissante de l’avoir passé.

Reconnaissante d’avoir entendu cette voix.

Reconnaissante d’avoir ri.

Reconnaissante d’avoir partagé ce moment sans savoir qu’il deviendrait un souvenir.

Et c’est probablement l’une des plus grandes leçons que cet été m’aura laissées.

Combien de fois remettons-nous l’essentiel à demain ?

Nous le faisons tous.

Nous sommes occupés.

Nous travaillons.

Nous avons nos obligations.

Nos enfants.

Nos rendez-vous.

Nos projets.

Notre fatigue.

Alors nous remettons.

Un appel.

Un message.

Une visite.

Un « je pense à toi ».

Un « comment vas-tu vraiment ? »

Nous nous disons que nous le ferons plus tard.

Parce que nous pensons avoir le temps.

Et peut-être que cette personne aussi pense avoir le temps.

Mais depuis cette disparition, une phrase résonne différemment en moi :

Et si le moment que nous attendons était simplement aujourd’hui ?

Alors aujourd’hui, j’ai envie de vous dire quelque chose.

Si vous pensez à quelqu’un…

appelez.

Maintenant.

Pas demain.

Pas quand vous aurez cinq minutes.

Pas quand vous serez moins fatiguée.

Pas lorsque vous aurez trouvé le bon moment.

Maintenant.

Si vous avez envie de prendre des nouvelles, prenez-les.

Si quelqu’un vous manque, dites-le.

Si vous aimez quelqu’un, dites-le aussi.

Envoyez ce message.

Passez cet appel.

Proposez ce café.

Faites cette visite.

Pas parce que nous devons vivre dans la peur que quelque chose arrive.

Mais parce que nous avons parfois tendance à oublier la valeur immense des choses les plus simples.

Un coup de téléphone peut sembler insignifiant.

Jusqu’au jour où il devient un souvenir précieux. Un moine bouddhiste japonais disait « La vie est le plus précieux des trésors ». Aujourd’hui, encore plus, cette phrase résonne en moi.

La joie et le chagrin peuvent exister ensemble

Il y a quelque chose d’autre que j’apprends dans cette période.

Je peux avoir été profondément heureuse cet été…

et être profondément triste aujourd’hui.

Je peux garder en moi la lumière de Marseille, les paysages de Cassis, La Ciotat, les rencontres de Trets, les rires partagés…

et en même temps ressentir le manque.

Les deux peuvent exister.

La joie n’efface pas le chagrin.

Et le chagrin n’efface pas la joie.

Je crois même que cette capacité à continuer à recevoir les petits bonheurs de la vie est une forme de gratitude.

Continuer à rire ne signifie pas oublier.

Continuer à vivre ne signifie pas aimer moins ceux qui sont partis.

Au contraire.

Peut-être que cela signifie simplement que nous avons compris à quel point la vie est précieuse.

Ce que cet été m’a appris

Cet été m’a offert des paysages.

Il m’a offert des rencontres.

Il m’a offert des conversations.

Il m’a offert des éclats de rire.

Et puis il m’a repris quelqu’un.

Je pourrais ne retenir que la tristesse.

Mais j’ai envie de retenir autre chose.

La gratitude.

La gratitude d’avoir voyagé.

La gratitude d’avoir rencontré ces femmes.

La gratitude d’avoir partagé.

La gratitude d’avoir ri.

La gratitude d’avoir appelé.

Et surtout, la gratitude de comprendre aujourd’hui encore davantage que nos relations sont probablement l’une des choses les plus précieuses que nous possédons.

Alors je vous laisse avec une question toute simple.

Qui est la personne à laquelle vous pensez en lisant cet article ?

Ne réfléchissez pas trop.

Si un prénom vous est immédiatement venu à l’esprit…

peut-être que c’est le moment de l’appeler.

Et si vous n’avez pas envie d’appeler, envoyez simplement un message.

Un petit :

« Je pensais à toi aujourd’hui. J’espère que tu vas bien. »

Parfois, nous n’avons pas besoin de grandes déclarations.

Un petit geste peut suffire à rappeler à quelqu’un qu’il compte.

Et moi ?

Je ne savais pas que ce coup de téléphone serait le dernier.

Mais aujourd’hui, je sais une chose :

Je ne regrette pas de l’avoir passé.

Et si je peux vous transmettre une seule chose à travers cet article, ce serait celle-ci :

N’attendez pas toujours demain pour dire ce que votre cœur vous pousse à dire aujourd’hui.

Appelez.

Écrivez.

Aimez.

Riez.

Rencontrez.

Dites aux personnes qu’elles comptent.

Parce que nous ne savons jamais quelle conversation deviendra un jour un souvenir pour toujours.

Et peut-être que finalement, c’est cela que cet été m’a appris.

La vie peut tout nous donner en quelques semaines.

Et nous rappeler, en quelques secondes, de ne jamais considérer cela comme acquis.